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Que propose le yoga pour arriver au bonheur ? 

En fait, le yoga nous propose plutôt de ne plus souffrir, d’anticiper la souffrance à venir, de gravir les 7 étapes de la sagesse afin de changer notre mental. Le yoga n’a pas pour objectif de nous permettre de vivre un bonheur superficiel ou émotionnel, mais il est plutôt une méthode pour atteindre une paix intérieure durable, indépendante des fluctuations du monde extérieur. Pour Patañjali, le bonheur véritable est synonyme de libération intérieure (kaivalya). Il s’obtient en calmant le mental, en disciplinant la vie quotidienne et en développant un rapport plus profond à soi et au monde.

Eviter la souffrance à venir (YS II 16) : le yoga nous invite à éviter les souffrances futures. En effet, pour éviter la souffrance, il faut un état d’esprit différent. C’est pour cela que le yoga insiste sur la qualité de l’activité mentale.

Le yoga est la transformation de la qualité de l’esprit (Desikachar, page 106), c’est-à-dire un changement dans son comportement, dans sa manière de fonctionner et de percevoir. Ceci dans le but de prévoir les choses à l’avance. C’est ainsi que l’on peut éviter duḥkha, la souffrance.

L’aptitude à ressentir de mieux en mieux le bonheur a un nom : l’entraînement de l’esprit. C’est ainsi que le yoga nous incite à la persévérance : être attentif tout le temps, avec zèle, sans arrêt. Le yoga nous invite ainsi à pratiquer des postures (II 46, 47, 48),  à respirer consciemment (YS I 31, puis II 49 à II 53)

Cultiver samtosa : être content de ce qui se présente (YS II 42)

Samtosa va nous donner sukha, le bonheur. On parle aussi de joie intérieure qui est plus grande que 100 degrés de la joie qui est due aux choses extérieures (Bhoja). « Le plaisir de l’amour sur terre, le plaisir immense propre au ciel, ne s’élèvent pas à une seizième part du plaisir de l’élimination du désir » (Vyāsa). C’est l’état de contentement, un état d’esprit, une attitude mentale qui oriente les pensées, les actes, les réactions. C’est vivre au présent, dans un état de paix intérieure, dans lequel il n’y a plus ni manque, ni volonté d’obtenir.

Comment y arriver ?

Savourer les petites choses, tous les jours : garder les yeux ouverts sur la beauté du quotidien. Se réjouir de vivre ici et maintenant. Voilà nos premières et plus fréquentes possibilités de bonheur. A quoi bon un bonheur qui ne trouverait que dans des situations exceptionnelles, chez des personnes exceptionnelles ? « Le Paradis, c’est où je suis » Voltaire

Garder les yeux ouverts sur la beauté du quotidien. Se réjouir de vivre, ici et maintenant. Voilà nos premières et plus fréquentes possibilités de bonheur.

Le yoga nous invite à savourer les petits riens de tous les jours :

  • En développant nos capacités de concentration : plus concentrés, nous sommes plus en contact avec le temps présent
  • En nettoyant notre mental de ses perturbations : l’esprit clair, nous sommes plus à même de percevoir ce qui nous entoure, le cerveau étant moins embrumé
  • En affinant nos perceptions : nos sens affinés nous permettent un contact plus direct avec la vie et ses beautés

L’état de yoga est un état de pleine conscience

Le contentement au quotidien demande beaucoup de persévérance :

Christophe André dit « qu’au-delà des empreintes précoces, la capacité du bonheur repose aussi sur le goût et le désir de se rendre heureux, et de faire des efforts pour cela ». La vie humaine est dure, parfois tragique parce que le temps qui passe est toujours une blessure dans les chairs. Sans le bonheur, sans cette aptitude à donner un sens à notre vie, comment résister à la morosité et au désespoir ?

Etre heureux n’est pas un luxe, mais une nécessité